Etat des lieux de la santé mentale des jeunes corses
Reconduite Grande cause nationale en 2026, la santé mentale continue d’afficher des indicateurs préoccupants. En Corse, 28 % des jeunes déclarent souffrir de dépression, selon une récente enquête nationale. Le sujet semble toutefois être mieux accepté.

Alors que la santé mentale a été érigée en Grande cause nationale en 2025, et prolongée en 2026 par le Gouvernement, les chiffres continuent d’alerter. En Corse, 28 % des jeunes déclarent souffrir de dépression, selon l’enquête « Santé mentale des jeunes de l’Hexagone aux Outre-mer. Cartographie des inégalités », menée par la Mutualité Française, l’Institut Montaigne et l’Institut Terram et publiée l’automne dernier. A l’échelle nationale, « un jeune sur quatre (25 %) souffre de dépression », précise l’étude. Et les jeunes femmes sont davantage touchées. 27 % présentent des symptômes dépressifs, contre 22 % des jeunes hommes.
Climat d’incertitude
Parmi les causes évoquées par l’enquête : « Un climat d’incertitude et d’anxiété face à l’avenir ». Ainsi, « 94 % des jeunes se disent inquiets pour au moins un enjeu majeur, qu’il s’agisse de leur avenir personnel (68 %), de l’actualité internationale (83 %) ou de la crise environnementale (77 %) ». « Il y a une augmentation de la vulnérabilité, de la fragilité des adolescents, des jeunes, observe Rose-Marie Martinelli, directrice de la Maison des adolescents (MDA) de Haute-Corse. Et cette problématique est notamment basée sur l’incertitude du devenir, la difficulté de se projeter ». Partout sur l’île, les maisons des adolescents constituent un maillage essentiel. Gratuites, anonymes et accessibles sans rendez-vous, elles accueillent les 11-25 ans ainsi que leur entourage pour évaluer, accompagner ou orienter. Psychologues, médecins, travailleurs sociaux ou juristes y interviennent dans une approche globale.
« Ne surtout pas s’isoler »
Selon Rose-Marie Martinelli, il semble y avoir toutefois une meilleure acceptation du sujet de la santé mentale chez les jeunes. « L’accompagnement psychologique des adolescents a été vulgarisé, dans le bon sens du terme. » Pour autant, des freins persistent. Selon l’enquête nationale, un quart des jeunes (24 %) déclarent « ne pas oser franchir le pas par peur du jugement ou de la stigmatisation ». D’où l’importance, insiste l’observatrice, de « ne surtout pas s’isoler ».
Du côté du gouvernement, aucune annonce n’a été faite depuis la reconduction de la santé mentale comme Grande Cause nationale en 2026. Si l’année est déjà bien entamée, les acteurs du secteur restent toujours dans l’attente de mesures concrètes.


