Premier baromètre santé : des données inédites pour les Corses

Maladies chroniques, addiction, vaccination, santé mentale… Pour la première fois, la Corse dispose d’un panorama précis de l’état de santé de sa population. Tour d’horizon des principaux enseignements.

Par Marilyn Perioli
Publié le 21 janvier 2026 à 15:04
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Le premier Baromètre de Santé publique France (SPF) sur la santé en Corse est paru et il révèle des indicateurs précieux qui guideront les politiques publiques corses en matière de prévention et de soins de santé.

Tabac et alcool : contrastes selon le sexe et l’âge

Premier constat frappant : les jeunes femmes sont accros au tabac. En effet, l’étude pointe une consommation de tabac et de vape « très élevée chez les femmes corses », notamment chez les plus jeunes (27 %). Elle est supérieure aux moyennes nationales (21,5 %). Toutefois, elles sont plus partantes pour arrêter. « Les intentions d’arrêt et les tentatives d’arrêt sont plus élevées qu’au niveau national chez ces mêmes femmes », note SPF.

Du côté de la consommation d’alcool, le tableau est plus favorable. La Corse se distingue comme la région où la proportion d’hommes dépassant les repères de consommation à moindre risque est la plus faible de France métropolitaine.

Maladies chroniques : attention au diabète

Le baromètre met en lumière un profil sanitaire contrasté. Si la Corse affiche l’une des plus faibles prévalences d’hypertension artérielle, elle figure en revanche parmi les régions où le diabète est le plus fréquemment déclaré.

Activité physique en Corse : la sédentarité touche les jeunes

Bonne nouvelle : les Corses ne sont pas réfractaires à l’activité physique, d’après l’étude. L’île se classe même comme la région la moins sédentaire de l’Hexagone. Pourtant, comme ailleurs, l’intégration d’une activité physique régulière dans le quotidien reste un défi

Le baromètre pointe surtout un point de vigilance chez les plus jeunes : 25 % des jeunes déclarent passer plus de 7 heures par jour assis (écrans, cours, etc.), un signe préoccupant de sédentarité dans cette population.

Et la santé mentale ?

Les indicateurs de santé mentale (pensées suicidaires, conduites à risque) sont proches des niveaux nationaux, voire légèrement plus favorables que la moyenne nationale pour les pensées et conduites suicidaires.

Cependant, les épisodes dépressifs sont particulièrement élevés chez les jeunes femmes par rapport à d’autres régions. La prolongation en 2026 de la Grande cause nationale dédiée à la santé mentale est l’occasion de poursuivre l’effort en direction de la prévention, de la stigmatisation et des idées reçues. Et, d’améliorer la prise en charge. 

Vaccination : un faible taux d’adhésion

Autre enseignement notable : bien qu’environ 75 % des adultes corses se déclarent favorables à la vaccination, la région a les taux d’adhésion les plus bas de France sur plusieurs vaccins essentiels, notamment contre la grippe, le HPV ou la Covid-19. Un paradoxe qui interroge sur les freins à la vaccination et la nécessité d’actions de sensibilisation ciblées.

Enfin, comme ailleurs en France, le baromètre confirme que les indicateurs de santé sont globalement plus défavorables chez les populations les plus précaires et les plus fragilesUn constat qui souligne l’importance d’une approche territoriale et sociale des politiques de santé.