Troubles visuels : préservons la vue de nos enfants !
La myopie progresse partout dans le monde, particulièrement chez les jeunes. Près de quatre enfants sur dix pourraient être myopes d’ici à 2050, selon une vaste étude coréenne. Les écrans et le mode vie sont pointés du doigt.

L’impact des écrans sur la myopie infantile
En France, la prévalence de la myopie chez les jeunes âgés de 6 à 15 ans est de 23,7 %, selon les estimations de la Haute Autorité de santé. Les filles sont plus touchées que les garçons (26,7 % contre 20,9 %). Mais ces chiffres pourraient considérablement augmenter. En cause, le temps passé devant les écrans, indique une enquête menée par une équipe de chercheurs coréens en février 2025. Une heure par jour suffirait à augmenter le risque de 5 %. Un enfant déjà atteint de myopie pourrait ainsi aggraver sa situation de 54 % s’il passe plus d’une heure par jour sur un écran. Car rester de longues heures sur son téléphone ou sur un ordinateur sollicite la vision de près.
Cette surexposition réduit le temps consacré à la vision de loin, pourtant indispensable au développement normal de l’œil chez les enfants. « Et quand l’œil est constamment sollicité de près, il se transforme pour mieux répondre à cette exigence et devient myope », explique la docteure Esther Blumen-Ohana, ophtalmologue et membre de la Société française d’ophtalmologie (SFO).
Le rôle essentiel de la lumière naturelle
La lumière naturelle est nécessaire à l’œil et régule sa croissance. Elle empêche qu’il ne s’allonge de manière excessive, ce qui caractérise la myopie. Or aujourd’hui, les enfants passent de moins en moins de temps à l’extérieur et sont de plus en plus soumis à la lumière artificielle. En ville, où les espaces verts sont se font rares, le phénomène est encore plus marqué.
Quelles conséquences ?

Dans les formes sévères, la myopie constitue « un facteur de risque majeur de pathologies oculaires telles que la dégénérescence maculaire myopique, le décollement de rétine, le glaucome ou encore la cataracte précoce », prévient la docteure Esther Blumen-Ohana. Un enfant myope peut en outre rencontrer des difficultés à l’école, se priver de certaines activités sportives et s’isoler.
Prévenir la myopie
Des mesures simples telles que limiter le temps consacré aux écrans, encourager les enfants à pratiquer des activités de plein air au moins deux heures par jour, même en hiver, sont à privilégier pour éviter la myopie.
Par ailleurs, se doter d’un éclairage suffisant, se tenir à distance de 30 centimètres des écrans ou des livres se révèlent être de bons moyens de prévention. Enfin, les visites régulières chez l’ophtalmologue dès le plus jeune âge permettent de détecter les premiers signes de mauvaise vision et d’agir avant que la situation ne s’aggrave.
Quel remboursement ?
A savoir : la Sécurité sociale rembourse en partie les verres conçus pour corriger et freiner la myopie forte chez les enfants de 5 à 16 ans. En revanche, les verres spéciaux, lentilles et collyres à base d’atropine ne sont pas remboursés. Renseignez-vous auprès la Mutuelle de la Corse.
De nouvelles approches médicales existent, comme les verres spéciaux, les lentilles de nuit (orthokératologie) ou les collyres à base d’atropine faiblement dosée. Elles sont efficaces pour ralentir la progression de la myopie.


