Maladies cardiovasculaires en Corse : un enjeu majeur de santé publique
La Corse affiche des chiffres noirs dans le domaine des maladies cardiovasculaires. C’est ce qui ressort d’une étude de Santé publique France. Pourtant, celles-ci sont en grande partie évitables, au moyen d’une bonne prévention.

Avec 140 000 morts par an, les maladies cardio-neurovasculaires sont la deuxième cause de décès en France. Elles sont responsables de plus d’un million d’hospitalisations chez les adultes chaque année. La Corse n’est pas épargnée. Ces pathologies pèsent lourdement sur la santé des habitants de l’île, révélant des inégalités préoccupantes et des facteurs de risque souvent sous-estimés.
La face sombre des chiffres de l’Ile de beauté
Selon le bulletin de Santé publique France publié en juin 2025, le taux d’incidence standardisé de patients hospitalisés pour cardiopathie ischémique (comme l’infarctus du myocarde) en Corse atteignait 576 pour 100 000 habitants entre 2021 et 2023, contre 459 pour 100 000 dans l’Hexagone — soit un écart de près de 25 %. En clair : les Corses sont plus souvent hospitalisés pour des problèmes cardiaques que le reste de la population.
Pourquoi ?
Cette surreprésentation s’explique par plusieurs facteurs : vieillissement de la population, tabagisme, alimentation déséquilibrée, hypertension ou diabète, mais aussi inégalités d’accès aux soins et délais de prise en charge. La Corse est la région de France métropolitaine la plus touchée par les déserts médicaux : près d’un quart de sa population vit loin des services d’urgence, en raison notamment d’une géographie montagneuse et de routes difficiles d’accès. L’insularité complique l’accès rapide à des plateaux techniques spécialisés, essentiels en cas d’urgence.
Prévention : la clé d’une bonne santé
Pour les professionnels de santé, la prévention reste le principal levier. On pourrait penser que le fameux régime méditerranéen, connu pour ses effets cardioprotecteurs, bénéficierait à la population. Mais « l’alimentation traditionnelle corse peut être riche, et l’activité physique n’est pas toujours régulière, surtout en zone rurale, explique l’Agence régionale de santé (ARS). Il y a une forme de fatalisme : beaucoup de patients consultent tard ».
Selon les experts, une grande partie des maladies cardiovasculaires pourrait être évitée en agissant sur les comportements mais aussi en renforçant l’offre de soins spécialisés et en développant un suivi de long terme pour les populations à risque.
Arrêter le tabac
De loin le geste le plus efficace ! On en voit les effets bénéfiques à tout âge. Un an après l'arrêt, le risque d'infarctus diminue déjà de moitié.
Bouger
Même trente minutes de marche par jour suffisent à réduire significativement le risque cardiovasculaire. Pas besoin de courir un marathon.
Miser sur le régime méditerranéen, sans avoir la main lourde sur l’huile d’olive
Consommer des poissons gras (sardines, maquereaux), des légumes, des légumineuses…
Surveiller sa tension
L'hypertension est souvent silencieuse. Un contrôle régulier chez le médecin ou en pharmacie peut littéralement sauver la vie. On peut aussi s’acheter un tensiomètre.
Molo sur le sel
Les aliments ultra-transformés en contiennent trop, éviter aussi de manger trop de charcuteries, plats préparés ou pain industriel.
Dormir suffisamment
Un sommeil de mauvaise qualité est un facteur de risque cardiovasculaire encore trop sous-estimé.


