Recherche en cancérologie, tous les espoirs sont permis

Thérapies ciblées, immunothérapie, intelligence artificielle… Dernièrement, la recherche en cancérologie a franchi des étapes majeures. Ces progrès promettent des traitements de plus en plus personnalisés qui pourraient changer la vie de nombreux malades.

Par Marilyn Perioli
Publié le 14 avril 2026 à 09:00
© Getty Images

L’immunothérapie, une avancée majeure dans le traitement du cancer

Depuis les années 2010, l’immunothérapie – qui consiste à stimuler le système immunitaire pour qu’il reconnaisse et détruise les cellules cancéreuses – est l’un des domaines les plus prometteurs.

« Les études montrent son utilité dans des situations de cancers précoces, pour prévenir les rechutes et améliorer la survie. Mais aussi pour les cancers en phase métastatique, au pronostic défavorable. De nouveaux malades, que l’on disait autrefois condamnés, profitent de ces nouveaux traitements qui permettent, dans certains cas, d’obtenir des réponses durables », explique le docteur Ronan Flippot, oncologue spécialisé en urologie à l’Institut Gustave-Roussy (94).

Des immunothérapies bientôt plus simples à administrer

Autre évolution importante : certaines immunothérapies pourront bientôt être administrées par injection sous-cutanée, et non plus uniquement par voie intraveineuse, comme cela se fait aujourd’hui, ce qui pourra épargner au patient une journée d’hospitalisation.

Les thérapies ciblées : des traitements plus précis contre les cellules cancéreuses

De nouvelles formes de médicaments, les anticorps conjugués, sont composées de molécules de chimiothérapie couplées à un anticorps – une « tête chercheuse » – qui cible spécifiquement les cellules tumorales pour les détruire. Cette approche plus efficace occasionne moins d’effets indésirables que la chimiothérapie classique. D’autres thérapies ciblées agissent directement sur la cellule cancéreuse en bloquant les mécanismes qui permettent sa croissance et sa prolifération. De nouvelles générations de médicaments sont arrivées sur le marché. Ce sont des traitements, le plus souvent administrés par voie orale, qui sont généralement mieux tolérés que les chimiothérapies. « On a beaucoup plus rarement de perte de cheveux ou une baisse des globules blancs. Mais il existe tout de même des effets secondaires potentiels qui nécessitent une surveillance médicale régulière », prévient le docteur Flippot.

L’intelligence artificielle améliore le diagnostic du cancer

L’IA occupe désormais une place importante en imagerie médicale. Elle est capable d’interpréter des images finement et très rapidement. Elle permet une double lecture des examens par les soignants et les machines. Ce qui permet aux médecins de détecter les tumeurs de manière précoce ou de préparer une intervention chirurgicale.

La biopsie liquide, une révolution pour détecter et suivre les cancers

Moins invasive qu’une biopsie traditionnelle, la biopsie liquide repose sur une simple prise de sang. Elle permet de détecter la présence ou l’évolution d’un cancer grâce à l’analyse de biomarqueurs circulants, comme de l’ADN tumoral ou des cellules tumorales. Au-delà du diagnostic, cette technique peut être répétée au fil du temps pour suivre l’évolution de la maladie et l’efficacité des traitements. De plus, la biopsie liquide vise de plus en plus à remplacer le prélèvement de tissu.

Vers des vaccins personnalisés contre le cancer

Des vaccins thérapeutiques personnalisés sont en cours de développement, conçus à partir de l’ADN de la tumeur prélevée chez le patient. Des altérations tumorales spécifiques sont sélectionnées pour créer un vaccin sur mesure, capable d’activer les défenses immunitaires contre les cellules cancéreuses. Ce procédé de haute précision est actuellement évalué dans un but de prévention des récidives, redoutées notamment dans les formes agressives. Ces vaccins verront le jour dans cinq à dix ans.

Prévention et dépistage : des leviers essentiels pour réduire les cancers

Malgré les progrès thérapeutiques, la prévention reste incontournable.

Une bonne hygiène de vie, une alimentation équilibrée (sans trop d’aliments « ultratransformés », des fruits, des légumes), de l’exercice physique, moins de tabac et d’alcool, une exposition modérée au soleil… contribuent à réduire le risque de cancer. Participer aux dépistages du cancer du sein, du côlon et du col utérin est également un moyen efficace de diagnostiquer la maladie à un stade précoce.

Enfin, la vaccination contre le papillomavirus (HPV), recommandée pour les filles et garçons à partir de 11 ans, permet de se protéger, mais aussi de préserver les autres de plusieurs types de cancers induits par le HPV comme les cancers du col de l’utérus ou certains cancers ORL.