Psoriasis : mieux vivre la maladie

Le psoriasis est une maladie chronique inflammatoire de la peau qui touche environ 2 à 3 % de la population. Non contagieux, parfois très visible, il peut fortement altérer la qualité de vie. L’été est souvent synonyme de répit pour les patients, à condition de respecter certaines règles.

Par Marilyn Perioli
Publié le 13 août 2026 à 08:00, modifié le 3 août 2026 à 10:51
©Getty Images

Dérèglement du système immunitaire

Le psoriasis n’est pas une simple affection cutanée, il s’agit d’un dérèglement du système immunitaire qui accélère le renouvellement des cellules de la peau. Résultat ? « Elles s’accumulent à la surface, formant des plaques rouges épaisses recouvertes de squames blanches, sur les coudes, les genoux, le cuir chevelu ou le bas du dos », explique le docteur Marc Perrussel, dermatologue, membre du Syndicat national des dermatologues.

Ça démange, ça gratte et cela peut être gênant au quotidien. On ne connaît pas les causes exactes de cette maladie, mais le stress, les infections, certains médicaments et même le froid peuvent déclencher ou aggraver les poussées. Contrairement à une idée reçue, le psoriasis n’est pas contagieux.

Tous les âges sont concernés

« On peut déclencher un psoriasis de 0 à 90 ans et il peut apparaître à n’importe quel moment de la vie, précise le dermatologue. Mais il y a généralement deux pics d’apparition : avant 20 ans, et vers 50–60 ans. Hommes et femmes sont touchés de manière équivalente. »

Maladies associées

Le psoriasis peut être associé à un risque plus élevé de certaines pathologies comme le rhumatisme psoriasique, les troubles cardiovasculaires, les maladies inflammatoires de l’intestin, les atteintes ophtalmiques, et des troubles anxieux voire la dépression, surtout en raison de l’impact psychologique des plaques visibles et des démangeaisons. « Près de 70 % des patients ont souffert ou souffrent d’au moins une maladie associée », d’après un sondage de France psoriasis. « C’est pourquoi un suivi médical régulier est important », précise le docteur Marc Perrussel.

« C’est pourquoi un suivi médical régulier est important »

— docteur Marc Perrussel, dermatologue, membre du Syndicat national des dermatologues

Des traitements qui changent la vie !

Le psoriasis ne se guérit pas. Mais il existe des traitements locaux à base de corticoïdes et de vitamine D. De nouvelles molécules, les biothérapies, sont disponibles actuellement pour les cas modérés à sévères. Elles se présentent sous forme d’injections, qui ciblent très précisément certaines molécules de l’inflammation – comme l’IL-17 ou l’IL-23 – et agissent en profondeur sur le mécanisme de la maladie. Elles offrent souvent une action prolongée, avec des injections espacées de plusieurs semaines, et sont remboursées par la Sécurité sociale.

Le soleil ami et ennemi

En principe, le soleil améliore les plaques de psoriasis. Les rayons ultraviolets ont un effet anti-inflammatoire, mais attention : une photoprotection rigoureuse reste fondamentale. L’utilisation d’une crème solaire (indice 30 ou 50 selon le phototype) « reste la règle d’or, rappelle le docteur Marc Perrussel. Pour se protéger des coups de soleil, qui déclencheraient de nouvelles plaques, l’exposition doit être progressive et non prolongée en évitant les heures où les UV sont les plus intenses ». C’est-à-dire, sous nos latitudes, généralement de 11 heures à 15 heures (16 heures en été), avec un pic entre midi et 14 heures. Il est en outre essentiel de continuer à bien hydrater sa peau, matin et soir, pour limiter la sécheresse, et de se rincer à l’eau douce après le bain. Porter des vêtements légers et amples pour limiter l’irritation est également recommandé.